Komitê
Nous contacter
Tel : 01 87 66 96 92

Parce qu’un CSE informé en vaut deux, inscrivez-vous à notre lettre d’information ! (Rédigée par nos avocats, pour vous)

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription est confirmée.

Droit de la conso : CSE, pro ou pas pro ?

Loin de nous l’idée de remettre en cause le professionnalisme des élus. Toutefois, il faut admettre que, quand un prestaire aime qualifier un CSE de professionnel, ce n’est pas forcément pour le flatter, mais plus pour écarter l’application du droit de la consommation et de ses protections. Alors, professionnels ou pas, les CSE ?

Les données du problème

Nombreux sont ceux qui ont oublié un jour de cocher la case sur le calendrier : celle de la tacite reconduction d’un de ces trop nombreux contrats que l’on signe. Que ce soit pour un abonnement à un magazine ou une carte fidélité, on s’est tous fait avoir au moins une fois. Toutefois, quand l’abonnement concerne une plateforme, une machine à café, ou tout autre contrat à minimum quatre chiffres, repartir pour un tour de manège est tout de suite plus douloureux.

Heureusement, l’article L. 215-1 du Code de la consommation impose aux prestataires de service d’adresser une information écrite, au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme de la période autorisant le rejet de la reconduction, sur la possibilité de ne pas reconduire le contrat qu'il a conclu avec une clause de reconduction tacite. A défaut, le client peut mettre gratuitement un terme au contrat, à tout moment, à compter de la date de reconduction.

Concrètement, il faut que vous soyez averti avant la date butoir pour dénoncer le contrat, dans un délai permettant de dénoncer. Pratique pour les étourdis.

Qui dit Code de la consommation, dit consommateur. Or, un CSE n’est pas vraiment un consommateur. Toutefois, l’article L. 215-3 du Code prévoit également que les règles sur la tacite reconductions sont applicables aux non-professionnels. D’où l’intérêt d’être qualifié comme tel.

Attention : la rupture en application du texte doit intervenir après le renouvellement du contrat, et non avant. Il faut donc penser à bien adresser la notification une fois la date anniversaire passée. Les notifications adressées avant n’ont pas de valeur.

Je vous trouve très pro, pour un CSE…

Certaines enseignes vivent de la tacite reconduction, et omettent plus ou moins volontairement de rappeler l’arrivée de l’échéance à leurs clients. En matière de CSE, certaines jouent sur une ambigüité : la Cour de cassation considère de longue date qu’un CSE est un non-professionnel pour la gestion des activités sociales et culturelles. Toutefois, elle ne s’est jamais prononcée clairement concernant les contrats passés dans le cadre des attributions économiques (notamment avec un comptable, une assistance juridique…).

Il n’en fallait pas moins pour que des prestataires indélicats invoquent que les élus, tels les Dr Jeckyll et Mr Hyde, seraient dotés d’une double personnalité, leur conscience non-professionnelle de sympathique gestionnaire d’ASC s’effaçant dès qu’il serait question des attributions économiques, laissant place à un redoutable chef d’entreprise.

En réalité, ce raisonnement ne tient pas, et ce au regard des principes plus généraux exposés par la Cour de cassation. Celle-ci considère qu’une personne morale n’était pas considérée comme un professionnel dès lors qu'elle ne bénéficiait pas d'autres ressources que celles tirées des cotisations de ses membres (Cass. 1ère civ., 10 oct. 2019, no 18-15.851). Les juridictions du fond adoptent également cette position (par exemple, CA Paris, 9 octobre 2020, n°19/21185).

Ainsi, selon ces juridictions, le caractère professionnel d'une activité dépend de l'origine industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale du revenu qu'elle procure. Un CSE, qui n’exerce aucune activité de ce type, ne peut être qualifié de professionnel au sens du droit de la consommation.

Si la Cour de cassation a retenu que les CSE devaient être considérés comme non-professionnels pour l’exercice des missions relatives aux ASC (Cass. 1ère civ., 15 juin 2016, no15-17.369 ; Cass. 1ère civ., 5 juillet 2017, no16-20.748), les critères retenus par les récentes décisions de justice impliquent que cette qualité leur soit également reconnue pour leurs missions liées à leur fonctionnement.

A ce titre, le Tribunal Judiciaire de Paris a jugé le 25 novembre 2025 que l’article L. 215-1 du Code de la consommation était bien applicable à un CSE exerçant ses attributions économiques (jugement n° 23/11595).

Dans cette affaire, le CSE était confronté à un cabinet d’expertise comptable, qui défendait que les élus ne pouvaient pas se prévaloir des dispositions protectrices du code de la consommation dès lors que le comité agissait dans le cadre de ses attributions économiques et professionnelles, et partant, de son activité professionnelle.

Toutefois, le Tribunal a relevé qu’un CSE n'exerce pas à des fins entrant dans le cadre d'une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole, mais au bénéfice des salariés qu'il représente. Il est donc un non-professionnel, et bénéficie donc des dispositions protectrices de l’article L. 215-1 du code de la consommation.

En résumé : méfiez-vous de ceux qui vous disent que vous travaillez comme des pros.

Quelques tactiques pour contourner la règle sur le délai de rétractation :

- Envoyer un courrier suivi contenant une publicité, et faire croire ensuite qu’il contenait les infos sur l’échéance du contrat

- Adresser les infos depuis une adresse servant à envoyer de la pub, et finissant une fois sur deux dans les spams

- Ecrire à l'ancien secrétaire

- Envoyer les infos au DRH…

Retour

Envie d’en savoir plus ou juste de bavarder un peu ?

Vous pouvez nous joindre au 01 87 66 96 92
sur notre adresse email contact@komite-avocats.fr
ou en remplissant le formulaire ci-dessous

Ce champ est invalide
Ce champ est invalide
Ce champ est invalide
Ce champ est invalide
Ce champ est invalide